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Au Nicaragua, les œufs de tortues protégés par l’armée

Au Nicaragua, les œufs de tortues protégés par l’armée

Les 2 500 premières tortues olivâtres de la saison sont arrivées sur la côte Pacifique du Nicaragua pour pondre, protégées par l’armée afin d’empêcher les habitants de manger les œufs de cette espèce en voie d’extinction.

Chaque année, entre juillet et janvier, les tortues marines de l’espèce olivâtre sont plus de 120 000 à venir pondre sur les plages pacifiques du Nicaragua. Un spectacle impressionnant qui attire autant les curieux que les voleurs d’œufs, friands de leur goût. « Ici il y a beaucoup de gens qui adorent manger les œufs de tortue », a expliqué à l’AFP Jaime Incer, conseiller en environnement du gouvernement.tortues-nicaragua-afp

Alors pour protéger les précieuses pontes, le Nicaragua ne lésine pas sur les moyens et fait appel depuis 1992 aux services de son armée nationale. En moins d’une semaine, quelque 2 500 tortues sont déjà arrivées. Jeudi 14 août, 1 434 tortues ont été comptabilisées sur les plages de Chacocente, dans la région de Carazo (sud), suivies par 910 autres vendredi et 197 supplémentaires samedi, a indiqué le colonel José Larios, responsable du détachement militaire de la zone, au journal « El Nuevo Diario ».

Massacrées pendant des décennies

L’ONG W
WF
 dénombre environ 800 000 femelles olivâtres en âge de pondre. « Jadis massacrées par centaines de milliers pour leur viande et le cuir de leur peau, les tortues olivâtres se sont à peine remises de siècles de surexploitation. Dans les années 1960, plus d’un million de tortues olivâtres étaient massacrées chaque année sur la côte pacifique du Mexique. Aujourd’hui, le nombre de sites de pontes est fort restreint. Il est indispensable de protéger ces plages », indique l’ONG.

Mais qu’il s’agisse des tortues olivâtres luths, vertes, imbriquées ou caouannes, toutes ces espèces sont menacées d’extinction et inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Des traceurs de tortues

Afin de sensibiliser le grand public au sort de ces reptiles de l’hémisphère Sud, les biologistes de l’Institut français d’exploitation de la mer (Ifremer) ont mis en place depuis début août un système de traçage des tortues marines. Focalisé, pour l’heure, sur l’océan Indien, les experts de l’Ifremer proposent – via le site Internet de l’organisation – de suivre quasiment en temps réel les déplacements de ces animaux marins migrateurs, capables de parcourir des milliers de kilomètres.

>>> Suivre les tortues de l’Ifremer en direct

Ils espèrent avoir balisé 200 reptiles d’ici 2015. Une démarche de sensibilisation donc, mais qui devrait aussi permettre aux biologistes d’alerter les gouvernements et les ONG des États concernés, afin de faire émerger de nouvelles aires marines protégées.

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