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Béthune : des tortues de Floride abandonnées à la gare d’eau

Béthune : des tortues de Floride abandonnées à la gare d’eau

Les tortues de Floride, lâchées dans la nature par les particuliers, posent des problèmes d’invasion

Un phénomène inquiétant sévit à la gare d’eau : la présence importante de tortues de Floride. L’écosystème se trouve menacé.

Quand ils en font l’acquisition, les acheteurs n’ont pas conscience que les tortues de Floride grandissent rapidement et demandent beaucoup d’entretien. Alors souvent, débordés, ils s’en débarrassent. À Béthune, c’est à la gare d’eau que ces propriétaires peu scrupuleux et irresponsables les déposent. « Nous sommes régulièrement appelés pour récupérer ces tortues. » confie Didier Loiseau, le président du Catfa, centre aquariophile et terrariophile Flandre Artois.

Des propriétaires irresponsables

Mais cette introduction de cette espèce animale engendre des conséquences fâcheuses sur l’environnement : « La tortue de Floride est une espèce invasive et prédatrice, qui peut détruire l’écosystème », explique Didier Loiseau. Ces Floridiennes possèdent en effet un instinct d’adaptation redoutable : « Quand vient l’hiver, elles se réfugient sous la vase et peuvent rester plusieurs mois sans presque manger. Leur métabolisme se ralentit pour supporter ces périodes difficiles. Et quand elles sont relâchées, même si elles étaient habituées à la présence humaine, elles fuient l’homme, ce qui les rend difficile à attraper. »

« Il n’y a pas de danger imminent, mais avec le réchauffement climatique, cela pourrait

poser problème. »

Seul point faible de ces prédateurs : sous nos latitudes nordistes, elles ne se reproduisent pas. Philippe Vantouroux, le président du club de pêche Les percots béthunois a constaté lui aussi cette présence : « Oui, nous en voyons, surtout en avril-mai, quand elles ressortent. Ici, elles s’enfouissent sous terre ou sous les souches, pour passer l’hiver. Elles ont forcément un effet néfaste puisqu’elles mangent de l’herbe et de petits poissons. Mais la population halieutique ne baisse pas, puisque nous rempoissonnons régulièrement. » Avant de préciser : « Il n’y a pas de danger imminent, mais avec le réchauffement climatique, cela pourrait poser problème. »

Alors, pour éviter une lente mais réelle invasion et un impact dévastateur sur l’écosystème, Didier Loiseau recadre : « Notre misssion est de prévenir, conseiller et responsabiliser. Il faut faire comprendre aux acheteurs potentiels qu’ils doivent se montrer responsables et ne pas aller contre nature. À l’âge adulte, ces tortues peuvent atteindre 30 centimètres de diamètre, et elles vivent jusqu’à 50 ans. Au moment de l’acquisition, il faut prendre conscience de ces facteurs. Ce sont des animaux, et il faut être prêt à en assumer les conséquences. »

Et le président de regretter une faille des lois contradictoires : « Leur vente est désormais interdite en France, mais possible en Belgique. Cela pose problème. » F.G.

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