Dons
News

Cette pauvre tortue est parasitée par un robot

Des chercheurs coréens ont fixé sur le dos d’une tortue, un robot parasite qui manipule son comportement. C’est certainement, le premier cas de parasitisme robot-animal.

Cette tortue est parasitée par un robot

Le robot fixé sur le dos de cette tortue manipule le comportement de l’animal.

MANIPULATIONS. Les roboticiens n’ont de cesse de trouver l’inspiration dans la nature. Mais cette fois, ils sont allés très loin en copiant les relations entre les parasites et leurs hôtes. Une équipe coréenne vient en effet de fixer un robot sur le dos d’une tortue pour manipuler son comportement. Comme les vrais parasites dans la nature, le robot détourne à son profit, les capacités locomotrices de l’animal pour l’orienter dans la direction qu’il souhaite. Ce phénomène est bien connu chez de nombreuses espèces, par exemple chez les fourmis, infestées par la larve de la petite douve du foie. Problème, pour son développement le parasite doit poursuivre son cycle dans un mouton. Or, en bon herbivore, le mouton ne chasse pas les fourmis. Le parasite manipule donc le système nerveux de l’insecte pour que celui-ci aille se positionner toute la journée au sommet d’un brin d’herbe en attendant d’être brouté par l’ovin.

 
 

Dans le cas du robot et de la tortue, la manipulation se fait par conditionnement. Le système fixé sur le dos de l’animal comporte une rangée de diodes placée devant les yeux. Elles s’allument d’un bout à l’autre de la rangée pour indiquer la direction dans laquelle le robot veut entraîner le petit reptile. Quand l’animal suit la direction indiquée par les diodes, il reçoit une récompense – de la nourriture – provenant d’un distributeur lui aussi fixé et piloté par les algorithmes du robot. Après cinq semaines d’entraînement, la tortue obéit aux diodes et à l’oeil, sans récompense. Le robot peut ainsi la guider librement. Des expériences avaient déjà été menées sur des blattes équipées d’un dispositif comportant des électrodes implantées dans les pattes de l’animal. Mais il s’agissait là de téléguider l’animal en stimulant électriquement son système nerveux. L’expérience coréenne est plus sophistiquée car elle exploite un reptile, donc plus évolué que l’insecte. Par ailleurs, le système parasite n’est pas une simple télécommande, mais un véritable robot, fonctionnant de manière autonome grâce à ses algorithmes.  

ALGORITHMES. Pour les chercheurs coréens, ce concept d’hybride animal-robot pourrait être une alternative aux limitations des différents modes de déplacement adoptés par les robots (roues, pattes, ailes etc…) pour cheminer sur toutes sortes de terrains, mais aussi dans l’eau et dans les airs. La tortue n’est en effet qu’un premier essai. Ils envisagent de tester leur concept sur d’autres animaux comme la souris ainsi que des oiseaux ou des poissons.