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Des pistes pour enrayer d’urgence la disparition de la faune sauvage

Des pistes pour enrayer d’urgence la disparition de la faune sauvage

Le rapport Planète Vivante du WWF exhorte les sociétés à adopter un accord mondial pour la nature et à transformer les systèmes agricoles à l’heure où la consommation effrénée de ressources met en péril la toile du vivant.

Les espèces n’ont jamais décliné à un rythme si rapide, cent à mille fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques. Entre 1970 et 2014, les populations de vertébrés – poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles – ont chuté de 60% au niveau mondial et de 89% dans les Tropiques, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale. C’est le constat alarmant de l’édition 2018 du rapport Planète Vivante que publie tous les deux ans le Fonds mondial pour la nature (WWF), en partenariat avec la Société zoologique de Londres.

Agriculture intensive, dégradation des sols, surpêche, dérèglement climatique, pollution plastique : les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur la biodiversité sont liées aux activités humaines. ”Nous sommes face à une accélération sans précédent de la pression exercée par l’Homme sur les écosystèmes : la demande en ressources naturelles tout comme en énergie explose. L’empreinte écologique mondiale, qui mesure l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles, a triplé en un demi-siècle”, alerte le rapport.

Seul un quart des terres de la planète n’est pratiquement pas affecté par les activités humaines, selon la dernière évaluation de la dégradation et de la restauration des terres publiée en mars 2018 par la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services ecosystémiques (IPBES). D’ici 2050, cette proportion devrait s’élever à un dixième seulement.

4.000 espèces examinées

Les résultats se fondent sur les données relatives à 16.704 populations de 4.005 espèces différentes réparties dans cinq grandes aires biogéographiques. L’année de référence est 1970, les dernières données actualisées datent de 2014. Le rapport fait un zoom sur des espèces emblématiques : l’éléphant, dont la population a décliné de 86% principalement en raison du braconnage, l’Orang-Outang de Bornéo, détruit à 55% en 20 ans du fait de l’exploitation forestière, les manchots d’Adélie, qui ont diminué de 42% depuis 1978 sous l’effet du réchauffement de la banquise antarctique et de la diminution du krill.

Les données sur les tendances démographiques ne sont qu’un moyen parmi d’autres de suivre l’évolution de la diversité biologique. Trois autres indicateurs de biodiversité replacent ces tendances dans un contexte plus large : l’indice habitat des espèces, qui mesure les changements dans leur répartition, l’indice Liste Rouge de l’UICN, qui surveille les risques d’extinction et l’indice d’intégrité de la biodiversité qui examine les changements dans la composition des communautés. Tous ces éléments brossent le même tableau : celui d’un appauvrissement continu de la toile du vivant.

Perte de 87% des zones humides

Les zones humides sont la catégorie la plus touchée, avec une perte de 87 % de leur étendue à l’ère moderne. Les causes immédiates de la dégradation des terres sont généralement locales (gestion inadaptée des ressources terrestres), mais les facteurs sous-jacents sont souvent régionaux ou mondiaux, notamment une demande croissante de produits dérivés des écosystèmes, supérieure à la capacité décroissante des écosystèmes à les fournir.

Si l’on devait payer pour les services rendus par la nature, cela nous coûterait 125.000 milliards de dollars, soit une fois et demie le PIB mondial ! Il est donc indispensable de reprendre le contrôle sur cette accélération de la disparition de la nature. Pour cela, nous devons faire de la biodiversité une priorité internationale et parvenir en 2020 à un New Deal pour la nature”, souligne Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

Agir sur l’agriculture et les transports

Le WWF propose d’adopter un accord international ambitieux sur la protection de la nature qui devrait être adopté en 2020, lors de la conférence mondiale sur la biodiversité à Pékin, avec un objectif de zéro perte nette de biodiversité en 2030.

En France, l’ONG en appelle à une réforme profonde de l’agriculture, principale responsable de la disparition de la nature et de 70% de la déforestation. Le WWF France demande un plan ambitieux de lutte contre la déforestation importée et un co-portage de la Politique agricole commune par les ministères en charge de l’écologie et de l’agriculture. Emblématique d’un modèle de développement du passé, le projet Montagne d’Or, une mine d’or industrielle qui pourrait voir le jour en plein coeur de la forêt amazonienne guyanaise, devrait être abandonné. En matière de mobilité, le Fonds mondial pour la nature exhorte l’exécutif à engager l’ensemble des acteurs dans la transition vers des formes de mobilité plus durables, avec une loi d’orientation sur les mobilités ambitieuses.

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