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En Allemagne, la découverte d’un fossile de reptile préhistorique intrigue les scientifiques

En Allemagne, la découverte d’un fossile de reptile préhistorique intrigue les scientifiques

La découverte d’un fossile de reptile possédant des caractéristiques propres aux sphénodons et aux squamates a éveillé la curiosité des paléontologues.

La découverte d’un « nouveau » reptile préhistorique trouvé en Allemagne pourrait permettre d’en savoir davantage sur l’histoire de l’évolution de ces animaux.

 

Un juvénile pas si jeune que cela

Les lépidosauromorphes représentent une classe de vertébrés tétrapodes qui compte environ 10.500 espèces. On y retrouve par exemple les rhynchocéphales comprenant les sphénodons et aussi les squamates, comprenant notamment les lézards et les serpents. L’histoire de ces animaux est riche… et ancestrale. Des chercheurs américains et allemands ont trouvé un petit fossile de lépidosauromorphe dans un gisement datant du Trias moyen (-247 millions d’années à -237 millions d’années) à Vellberg, dans le sud de l’Allemagne. La découverte est réduite : il s’agit, entre autres morceaux, d’un crâne partiel d’environ 12,5 mm. Les analyses ont révélé son appartenance à une espèce inconnue finalement baptisée Vellbergia bartholomaei. 

 

La petite taille de ce spécimen – c’est l’un des plus modestes fossiles découvert dans ce gisement – suggère qu’il pourrait s’agir d’un jeune reptile. Il possède des orbites relativement grandes par rapport à la taille de son crâne, lui-même petit, ce qui indique que ce spécimen « n’était pas complètement développé« , notent les chercheurs dans une étude parue le 20 février 2020 dans la revue Scientific Reports. « Cependant, nous ne le considérons pas comme un nouveau-né ou un jeune juvénile à cause du haut degré d’ossification des os crâniens, comme les frontaux et les nasaux« , rapportent-ils.

Un ancêtre commun à plusieurs lignées de reptiles ? 

L’étude de Vellbergia bartholomaei pourrait nous en apprendre beaucoup sur l’évolution des reptiles. S’il possédait des caractéristiques qui lui sont propres (notamment des dents étroites et courtes) et ce qui faisait de lui une espèce à part entière, « ce nouveau taxon dépeint une mosaïque de caractéristiques qui sont généralement observées à la fois chez les rhynchocephales et les squamates« , souligne l’étude. Troublant. S’agit-il, comme on serait tenté de le croire, de l’ancêtre commun de ces deux lignées ?

 

« Dans l’ensemble, nos résultats indiquent que Vellbergia est un lépidosauromorphe en dehors des rhynchocéphales et des squamates, avec des affinités incertaines par rapport aux deux derniers clades« , notent les auteurs de l’étude. Mais cela s’arrête là. « Non, Vellbergia n’est pas l’ancêtre commun des squamates et des rhyncochephales. Il est lié aux deux (plus étroitement qu’aux crocodiles, oiseaux ou tortues), mais n’est pas un ancêtre en soi, tempère auprès de Sciences et Avenir le Dr Gabriela Sobral, auteure principale de l’étude. Ces ancêtres sont pour la plupart hypothétiques, en particulier pour une période aussi lointaine, et il est hautement improbable que l’on prouve que des fossiles appartiennent à une population qui est l’ancêtre direct de lignées lorsque ceux-ci sont âgés de millions d’années« . Attention donc aux raccourcis fallacieux… Quoiqu’il en soit, Vellbergia bartholomaei devra trouver sa place dans l’évolution.