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Un fossile de tortue vieux de 150 millions d’années nous en apprend sur la fonction de leur cou

Un fossile de tortue vieux de 150 millions d’années nous en apprend sur la fonction de leur cou

La découverte d’un fossile d’une espèce de tortue vieille de 150 millions d’années a permis à des chercheurs d’en apprendre plus sur les fonctions des cous de ces êtres fascinants.

Dans la revue Nature, des chercheurs font part de leurs conclusions sur le cou des tortues, dont la torsion était sans doute un moyen pour ces animaux de mieux capturer leurs proies. Une conclusion tirée après la découverte d’un fossile d’une tortue Platychelys oberndorferi, vieille de 150 millions d’années, au Jurassique supérieur.

 À ce jour, il existe deux familles de tortues avec une torsion de cou propre à chacune. D’abord, celui des Pleurodires avec un mouvement de repli jusqu’à la carapace par un mouvement horizontal. Ensuite, celui des Cryptodires qui suit un mouvement vertical avant de glisser entre les pattes supérieures. Le but est toujours un repli dans la carapace alors jusque là, on ne prêtait que cette fonction au cou des tortues : un mécanisme de défense face aux proies.

Selon les chercheurs, la découverte de ce fossile remet donc en question nos connaissances sur les tortues et montre une autre fonction du cou. Il s’agit du fossile d’une tortue aquatique Platychelys oberndorferi, appartenant aux Pleurodires. Étonnamment, son cou ressemblait davantage à celui des Cryptodires.

En reconstituant les mouvements de sa collerette, les chercheurs ont même découvert l’impossibilité pour ce spécimen d’atteindre sa carapace, donc la fonction de protection face aux proies n’était alors pas possible. Les chercheurs avancent donc une hypothèse : la torsion de cou à la verticale améliorait la capacité de chasse des tortues.

Pour eux, cette tortue surprenait ses proies par une projection rapide de la tête dans l’eau à la manière d’autres tortues aquatiques comme les Matamata et les tortues dites alligators. Mais comme le déclare Jérémy Anquetin, coauteur de l’étude, certaines différences existent toutefois : les Matamata (appartenant aux Pleurodires) « détendent leur gorge vite et largement. Ce qui semble être une projection est en réalité une succion. Elles aspirent l’eau dans leur cavité buccale et la gorge par un relâchement total des muscles. Ce n’est pas lié à la torsion du cou donc c’est différent de ce que nous suggérons. En revanche, les tortues alligators présentent le plus de similarités avec notre fossile : elles bloquent leur cou et le lancent par un effort musculaire pour attraper leurs proies ».