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Julien Cucherousset, chercheur au CNRS : «Relâcher un animal, c’est mettre la nature en danger»

Julien Cucherousset, chercheur au CNRS : «Relâcher un animal, c’est mettre la nature en danger»

Le plus fréquemment on retrouve des espèces particulières telles que le poisson rouge ou encore la tortue de Floride. Lors de ces nombreux abandons, les gens peuvent malheureusement vider tout le contenu de leurs aquariums dans le milieu aquatique.

Mais cette action entraîne des conséquences non-voulues. En faisant ça, ils peuvent également introduire des plantes ou des invertébrés invasifs dans les milieux naturels . Cette pratique est donc extrêmement dangereuse pour l’environnement. Il a même été démontré que l’aquariophilieest un vecteur mondial d’invasions biologiques.

Quelles conséquences ont ces différentes espèces sur l’environnement ?

Dans les aquariums il peut y avoir des dizaines d’espèces de plantes, mais aussi d’invertébrés ou de poissons. La plupart ne feront certainement rien mais certaines pourraient avoir un impact écologique considérable et ce sont elles qui nous intéressent.

On sait par exemple que la tortue de Floride et les poissons rouges ont un impact. Ils peuvent agir par compétition ou consommation sur les espèces natives. Ces espèces peuvent aussi transmettre des pathogènes potentiellement dangereux pour la faune locale.

Les plantes invasives comme la Jussie peuvent mener à la destruction complète des écosystèmes aquatiques.

Comment essayez-vous de débarrasser les milieux de ces espèces invasives ?

Il est très difficile d’éradiquer complètement une espèce invasive quand celle-ci vit dans un milieu aquatique. Impossible de le vider! On met donc en place des programmes pour les contrôler de manière très régulière. Les principaux leviers de gestion consistent donc à éviter leurs introduction dans les milieux. Il est donc nécessaire de se saisir du problème en agissant en amont de l’invasion biologique.

Les espèces invasives dans les milieux aquatiques sont-elles plus difficiles à gérer que dans les milieux terrestres ?

Généralement elles sont plus difficiles à gérer. Les espèces sont souvent moins visibles et détectables dans le milieu aquatique que dans le milieu terrestre. Les éradications impliquent soit une vidange totale des milieux soit l’utilisation de biocides, cela reste donc difficile à mettre en place dans les deux cas.

Les invasions biologiques restent très difficiles à maîtriser dans les milieux terrestres.

Les éradications sont souvent possibles dans des milieux de petites tailles, tels que les îles, où l’éradication des rats a parfois été possible.

Comment essayez-vous de lutter contre les introductions d’espèces invasives ?

Il est important de faire de la prévention et de sensibiliser du grand public. On essaie d’expliquer que ce n’est pas bon pour l’environnement de relâcher des animaux domestiques en milieu naturel. Il existe, dans certains cas, des structures permettant les déposer plutôt que de les relâcher en milieu naturel.

On ne peut pas mettre un panneau sur toutes les zones d’eau en France disant aux gens de ne pas relâcher leurs animaux. Le problème vient surtout de l’éducation, par exemple lors de l’achat des plantes et des animaux en animalerie. Le grand public doit comprendre que l’on est incapable de prédire les conséquences écologiques que peut avoir un animal relâché dans la nature.

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