Dons
News

La tortue peut-être de Floride a mordu à l’hameçon

La tortue peut-être de Floride a mordu à l’hameçon

Partant du postulat que la pêche au carnassier est ouverte à partir de samedi seulement, pêcher une espèce carnivore est a priori légal. En revanche, pêcher une tortue, Maurice Magnanou ne s’y attendait pas vraiment lui qui affectionne les coins de pêche à Saint-Loup, à deux pas de Lot-et-Garonne dans le département voisin. Dans l’Arrats, «le garde de la société de pêche m’avait dit qu’on pouvait pêcher de la carpe, du sandre, de la friture, de la perche…» Mais pas un reptile. Vente interdite Ce Layracais à la retraite, apiculteur à ses heures, pêchait ce jour-là au ver et contre toute attente a vu sa canne fléchir au point de casser. «J’étais monté fin, peut-être un peu trop fin.» À l’hameçon, au bout du fil, une carapace qui de loin comme de près ensuite ressemblait comme deux gouttes d’eau à une espèce que les pêcheurs voient peu dans les rivières et cours d’eau. Une tortue, d’un poids de 2 kilos environ. Le fils a voyagé. Rapidement, il a posé un pays d’origine sur la bestiole. Pas franchement internaute, papa fait confiance au fiston. C’est une tortue des Etats-Unis, et de Floride pour être encore plus précis. À bien y regarder, le classement n’est pas gagné. Il pourrait toutefois s’agir de l’Apalone férox, plus communément la tortue molle de Floride. Une espèce dont la venue et l’importation sont interdites désormais. Une espèce invasive, carnivore, un fléau pour les cours d’eau que les agents de l’Office de la faune sauvage (ONCFS) identifient facilement. Rien à voir avec la cistude d’Europe, espèce protégée. Malgré l’exotisme de son petit nom, la tortue de Floride n’a pas grand-chose à faire dans un cours d’eau de Lot-ert-Garonne. C’est une espèce prévue pour l’aquariophilie ce qui doit en théorie la priver de toute escapade dans le milieu naturel y compris dans un cours d’eau de la campagne gasconne. Encore une victime des propriétaires de NAC (nouveaux animaux de compagnie). Vu la taille de la bestiole, elle est adulte. Trente centimètres de la tête à la queue, et au moins 2 kilos toujours mouillés. «j’avais du mal avec la grande épuisette.» Appel à Bessières À l’abri dans un bac en béton avec juste ce qu’il faut d’eau, la trouvaille de Maurice attendait hier que le pêcheur appelle le refuge de Bessières (Haute-Garonne), spécialisé dans l’accueil des reptiles et des batraciens retrouvés dans la nature ou abandonnés. N’est pas herpétologue qui veut. Maurice l’apiculteur est expert dans les ruches et la production du miel depuis quarante ans, beaucoup moins dans l’alimentation du reptile. «Comme je pêche, je dois avoir des vers. Ça mange des vers ça ?»