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Les embryons de tortue jouent un rôle dans la détermination de leur sexe

Les embryons de tortue jouent un rôle dans la détermination de leur sexe

AFP, publié le jeudi 01 août 2019 à 19h13

Certains embryons de tortues jouent un rôle dans la détermination de leur sexe en se déplaçant à l’intérieur de leurs oeufs, ce qui pourrait les préserver du changement climatique ont indiqué des scientifiques dans une étude publiée jeudi.

Chez certaines espèces de tortues, la température des oeufs détermine si la progéniture est mâle ou femelle. Les scientifiques craignaient que cette caractéristique mette en danger ces espèces face au changement climatique, car un changement de deux degrés dans la température peut radicalement modifier le ratio entre les sexes au sein d’une espèce.

Des chercheurs en Chine et en Australie ont découvert que des embryons étaient capables de se déplacer au sein de leur oeuf afin de trouver une zone ni trop chaude et ni trop froide, jouant ainsi un rôle dans la détermination de leur propre sexe. L’étude a été publiée jeudi dans Current Biology.

« Nos recherches montrent qu’un embryon de reptile n’est pas seulement une victime passive du réchauffement climatique, mais qu’il peut contrôler dans une certaine mesure son propre destin sexuel « , a déclaré à l’AFP l’auteur Wei-Guo Du de l’Académie chinoise des sciences.

L’équipe avait déjà démontré par le passé que les embryons de reptiles pouvaient se déplacer à l’intérieur de leur ovule pour la thermorégulation, et voulait savoir si ce comportement avait un impact assez important pour déterminer le sexe du reptile. 

Les scientifiques ont placé les oeufs de tortues d’eau douce dans une gamme de températures différentes et ont remarqué qu’un simple embryon pouvait connaître des variations de température de 4,7 degrés dans son oeuf.

« Cela pourrait expliquer comment des espèces de reptiles dont la détermination du sexe dépend de la température ont réussi à survivre aux périodes précédentes de l’histoire de la Terre où les températures étaient beaucoup plus élevées qu’aujourd’hui », a indiqué Richard Shine, professeur à la Macquarie University of Australia et l’un des co-auteurs de l’étude. 

Mais le contrôle du sexe des embryons a ses limites: lorsque les températures moyennes dans les nids sont très chaudes ou très froides, l’effort de l’embryon n’a pas d’impact sur le sexe de la progéniture.

« Il se peut que cela ne suffise pas à le protéger contre les changements climatiques beaucoup plus rapides causés actuellement par les activités humaines « , a déclaré Wei-Guo Du à l’AFP. 

Mais, a-t-il ajouté, l’espèce peut recourir à des moyens non encore découverts pour compenser l’impact du réchauffement climatique, comme la ponte d’oeufs plus tôt dans la saison ou dans des nids plus ombragés, ce qui fera l’objet de ses futures études.