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Les filets à lambi, des pièges mortels pour les tortues

Les filets à lambi, des pièges mortels pour les tortues

Avec la reprise de la pêche au lambi, le nombre d’échouages de tortues devrait augmenter du fait de captures accidentelles.

Une tortue échouée a été signalée dimanche à la Coulée/Saint-François. Informé, le Réseau Tortues Marines a dépêché un de ses membres sur place. Qui a constaté sa mort et son état de décomposition avancé. Sa carapace était « explosée » .
Il s’agissait d’une tortue imbriquée femelle. Mais dans ces conditions, « impossible de déterminer avec exactitude ce qui a causé sa mort » , explique Antoine Chabrolle, chargé de mission tortues marines à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.
Cependant, il craint d’autres découvertes macabres dans les semaines et mois à venir du fait de l’ouverture de la pêche au lambi (du 1er octobre au 1er février) « À cette période, il y a toujours une recrudescence des échouages due aux captures accidentelles. »
PRISONNIÈRES
La faute aux folles à lambi (filets utilisés pour capturer ces coquillages). Placés au fond de l’eau, généralement sur les herbiers, qui sont des zones de pâturage, ce sont de véritables pièges pour les tortues marines.
D’autant, rappelle Antoine Chabrolle, qu’« en l’absence de réglementation sur des temps de calé, ce filet peut être actif plusieurs jours, voire plusieurs semaines sur le même site. » Prises dedans, les tortues n’arrivent pas à s’en dépêtrer.
Les tortues marines prisonnières y meurent suite à une blessure, un étranglement et/ou la noyade (respiration pulmonaire). Cette menace représente la première cause de mortalité chez les tortues marines en Guadeloupe.
Antoine Chabrolle estime « que plusieurs dizaines d’entre elles vont prochainement trouver la mort et dériver jusqu’à nos côtes, et ce malgré le travail actuellement mené (1) sur la réanimation des tortues marines et le test d’engins de pêche » .
(1) Par le réseau tortues marines de Guadeloupe (RTMG) en partenariat avec le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des îles de Guadeloupe (CRPMEM-IG).
Et les sargasses aussi
Récupérés dans la marina de Saint-François par un pêcheur professionnel, ces bébés tortues ont été relâchés en mer.
Les sargasses sont également un piège mortel pour les tortues, particulièrement les nouveau-nés. Antoine Chabrolle, chargé de mission tortues marines, rappelle que « nous sommes en fin de saison de ponte des tortues marines, et en pleine période d’émergence (moment où les jeunes tortues sortent du sable pour regagner la mer). »
Les sargasses représentent un danger à double titre. D’abord parce que, coincés dans le nid sous la couche d’algues, les nouveau-nés ne peuvent regagner la mer. Ceux qui y parviennent vont trouver refuge dans des radeaux de sargasses flottant au large. Mais qui, poussés par les vents et les courants, les ramènent sur les côtes. « Ce qui les expose à de multiples dangers. »
Tortue coincée ou échouée, qui contacter ?
Antoine Chabrolle rappelle que les tortues marines sont des espèces protégées et « que leur manipulation, qu’elles soient vivantes ou mortes, nécessite une autorisation préfectorale délivrée à l’issue d’une formation spécifique » .
Si vous trouvez une tortue coincée dans les sargasses ou échouée sur le littoral, contactez les organismes compétents suivants, qui vous indiqueront la marche à suivre :
– dans tous les cas, le Réseau Tortues Marines de Guadeloupe au 06 90 74 03 81.
– si la tortue semble affaiblie ou blessée, le Centre de soins hébergé à l’Aquarium de Guadeloupe au 05 90 90 92 38.
(1) Plus d’informations sur les tortues marines : http ://www.tortues-marinesguadeloupe.org
CHIFFRE 1000
C’est le nombre de tortues qui meurent chaque année, accidentellement capturées par des engins de pêche en Guadeloupe.