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Des tortues exotiques dans la rivière des Galets

Des tortues exotiques dans la rivière des Galets

ENVIRONNEMENT. Treize Emyde de Chine, une espèce de tortue importée, ont été trouvées dans le lit de la rivière des Galets. Nature Océan Indien et le Groupement espèces invasives de la Réunion à l’origine de la découverte tirent la sonnette d’alarme :  « Son régime alimentaire omnivore pourrait avoir des impacts sur les espèces autochtones présentes dans la rivière des Galets, notamment sur les mollusques aquatiques, les larves et chrysalides d’insectes, les crustacés et les poissons. » C’est un record dont nous n’avons aucune raison d’être fier. Notre îles est la sixième  au monde ayant connu le plus grand nombre d’extinctions.  80 % des espèces présentes à la Réunion ont été introduites  et sont naturalisées : 12 sauriens, deux ophidiens et deux amphibiens. Un tiers de ces espèces ont été introduites volontairement contre 56 % accidentellement. L’Emyde de Chine est une tortue d’eau douce originaire du sud de la Chine. Elle est commercialisée légalement à la Réunion et peut-être détenue sans déclaration dans la limite de 25 individus. Fondée en 2007 l’association Nature Océan Indien contribue à la connaissance et à la conservation des milieux et des espèces de notre île.

Premières observations en 2003

Elle s’implique notamment dans la protection des reptiles endémiques et de leurs habitats. Le Groupement espèces invasives de la Réunion (GEIR) fédère un ensemble d’institutions, d’agences, d’associations, de professionnels et de personnes  travaillant sur les espèces invasives menaçant le patrimoine naturel de l’île, l’économie locale et la santé humaine. Nature Océan Indien et le GEIR sont sur les traces de l’Emyde de Chine depuis 2003. La tortue d’eau douce est observée pour la première fois dans le lit de la rivière des Galets à Deux-Bras. Dix ans plus tard  six individus sont aperçus dix kilomètres en aval de la première observation. En juillet 2013, six juvéniles sont collectés puis deux autres un mois plus tard. Pour Nature Océan Indien et le GEIR, « il est probable que des spécimens se soient des échappés d’élevage. Au moins deux individus adultes seraient à l’origine d’une ou plusieurs pontes dans le milieu naturel. » Capturées, mesurées, les treize individus possèdent tous à peu près la même taille (36 mm) et le même poids (environ 9g). Nature Océan Indien et le GEIR tirent la sonnette d’alarme. «L’espèce pourrait rentrer en compétition pour les ressources et l’habitat avec les espèces natives. Son régime alimentaire omnivore pourrait avoir des impacts sur les espèces autochtones présentes dans la rivière des Galets, notamment sur les mollusques aquatiques, les larves et chrysalides d’insectes, les crustacés et les poissons. L’Émyde de Chine peut être considérée comme une espèce introduite mais son statut d’espèce naturalisée reste incertain. Son implantation durable n’est pas impossible et une veille de long terme semble nécessaire »

Alain Dupuis