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De Nosy Be à Nosy Iranja, l’île aux tortues

De Nosy Be à Nosy Iranja, l’île aux tortues

Parmi les petites îles qui bordent le sud-ouest de Nosy Be, au large de Madagascar, Nosy Iranja s’embrasse d’un seul regard.

Au large de Madagascar, il existe une petite île, ou plutôt deux, reliées entre elles par un banc de sable fin. Parfois l’eau le recouvre entièrement mais le plus souvent, il brille au soleil. L’eau y est d’un vert céladon. Bienvenue à Nosy Iranja, au cœur de l’océan Indien.

Nosy Iranja est la plus éloignée des îles au large de Nosy Be. Les tortues de mer ont trouvé ici un lieu de prédilection pour pondre leurs œufs la nuit sur ses plages, d’où son surnom d’« île aux tortues ». L’île se divise en deux. A l’est, Iranja Kely, envahie par une végétation luxuriante peuplée de nombreuses fougères et d’espèces endémiques, couvre environ 13 hectares. A l’ouest, Iranja Be, ou grande île, fait, quant à elle, près de 200 hectares. Elle abrite un village de pêcheurs et ses paillotes traditionnelles installées à l’ombre de filaos. Construites à partir de matériaux naturels : des palétuviers pour les piliers et du ravinala – ou arbre du voyageur, l’emblème de Madagascar – pour les murs et le toit, elles sont le plus souvent montées sur pilotis. La mince frange de sable blanc qui relie les deux îlots, longue de 2 kilomètres, tient lieu de plage. Une immense plage bordée de chaque côté d’une eau transparente, aux mille camaïeux. C’est près du village que le Zahir Lodge (littéralement « désir » ou « rêve » en arabe), un projet écosolidaire, a planté six bungalows, les pieds dans l’eau.

1 nosy-be-a-nosy-iranja-lile-aux-tortues-web-tete-02183293220_660x352pParfum d’éternité

Ici, le temps est rythmé par les vagues, les alizés et le soleil des tropiques, qui brille 345 jours par an. Ici, comme l’évoquait Michel Tournier,  « la mer ne sait pas vieillir, l’île, obéissant à l’injonction océane, baigne dans l’éternité ». Le temps n’a aucune prise. Les pêcheurs vont et viennent avec leurs pirogues. Les femmes discutent à l’ombre des cases. Les peuples de Nosy Be appartiennent, pour la plupart, à l’ethnie des Sakalava. Le fondement de leur culture repose sur le culte des ancêtres qu’ils honorent régulièrement lors d’une cérémonie intitulée « tromba », ou esprit d’un prince défunt. Celui-ci s’exprime par l’intermédiaire d’une personne en état de transe. Nosy Be et ses îlots avoisinants sont imprégnés de cette culture traditionnelle.  « Nul îlot n’est si petit qu’il ne s’y attache tout un continent de pensées, évoquait dans un récit de voyage l’historien allemand Ferdinand Grégorovius.  L’exploration des fonds marins à la rencontre des carangues, barracudas, requins, tortues, mérous géants ou raies manta, dans une eau entre 27 et 29 °C riche en plancton et coraux ravira les plongeurs… »

Lémuriens curieux

Du village, un chemin de terre conduit sur les hauteurs d’Iranja Be où un ancien phare, construit par Gustave Eiffel, impose encore sa silhouette. Au sud, sur la Grande Terre, on peut apercevoir la baie de Baramahamay abritant des villages spécialisés dans la construction de pirogues et de boutres qui transportent encore à la voile matériaux de construction et denrées comestibles. Au milieu des manguiers séculaires, quelques lémuriens ont élu domicile. Ils s’approchent pour fixer le visiteur de leurs grands yeux curieux. Côté saveurs locales, le Zahir Lodge réserve à ses hôtes poissons ou crustacés, viande de zébu ou de cabri, « romazava » ou brèdes manioc, agrémentés de poivre, de tamarin, de pili-pili, de vanille ou de cannelle, papayes en hiver, mangues en été, bananes grillées… une goutte de rhum pour digérer le tout ! Un paradis sur terre. Il suffit juste d’aller le chercher.

Caroline Knuckey

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