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L’avenir incertain des petites tortues

L’avenir incertain des petites tortues

Brenne. Quinze jeunes cistudes ont été pistées pendant deux mois pour mieux comprendre les mœurs d’une population qui atteint rarement l’âge adulte.

Si le chiffre varie d’une zone à l’autre, il interpelle les acteurs du Parc naturel de la Brenne qui aimeraient connaître les causes de cette énorme perte.
Une expérience unique en France vient donc de se dérouler sur la commune de Saint-Michel-en Brenne : quinze jeunes tortues ont été équipées d’antennes destinées à localiser leurs déplacements.

Une population victime des prédateurs

L’opération, débutée il y a deux mois, se termine. Chaque jour, Frédéric Beau ou l’un de ses collègues sont allés sur le terrain pour repérer les animaux à l’aide d’un récepteur. Les premiers enseignements sont intéressants. « Nous avons constaté que les petits passent beaucoup de temps autour du nid. Ils semblent «  recharger les batteries  » avant de rejoindre des points d’eau, ce qui les rend visibles des renards, des martres ou des sangliers. »
Le chargé d’études souligne que les prédateurs ont un rôle déterminant dans la disparition des cistudes, d’autant plus que, à cause de la fermeture des milieux et de la friche, la Brenne perd ses habitats naturels.
Les émetteurs, d’un coût unitaire de 160 €, financés par l’Agence de l’eau et la Direction régionale de l’Environnement (Dreal), ont une durée de vie d’un mois. Cinq tortues ont été rééquipées pour la même période. Deux ont été mangées par des grands animaux et deux autres ont disparu. Frédéric Beau a donc terminé l’expérience avec un seul petit, ce qui ne le rassure pas sur la pérennité de l’espèce sur le territoire. « On se demande si on n’a pas une population qui vieillit, faute de renouvellement. Cette opération pourrait nous aider à envisager des solutions pour sa survie à long terme. »

repères

> La population de cistudes en Brenne est estimée à 100.000 individus répartis de façon disparate autour des étangs.
> La Brenne constitue, avec les marais de l’Ouest et la Camargue, l’un des derniers bastions pour la préservation et le développement de cette tortue d’eau douce, en forte régression en Europe depuis vingt ans.
> La réserve de la Haute-Touche possède, depuis 2010, une nursery vouée à cette espèce. Incubées et élevées en milieu protégé, les jeunes cistudes sont relâchées vers 3 ans pour reconquérir les territoires d’où elles ont disparu.

Jean-Michel Bonnin