Dons
News

Peut-on suivre les tortues voyageuses ?

Peut-on suivre les tortues voyageuses ?

Soixante-quinze pièces de résine et de fibre de verre de dimensions variables sont en train de faire le tour du Liban. Avec un doux parfum de voyage. Elles sont signées Ghassan Zard.

Elles ont été baptisées « Turtles » car elles en ont simplement la forme. Lorsqu’elles sont nées de l’imaginaire de Ghassan Zard, elles n’étaient – « et ne sont toujours », précise-t-il, que des formes abstraites. C’est le regard des autres qui en a fait un troupeau de tortues. Réalisées en résine et en fibre de verre, ces pièces sont de texture transparente, laissant apparaître parfois des veinules. « Elles sont aussi changeantes et jouent avec les climats », ajoute l’artiste. Ludique, cette installation in situ a une autre portée, poursuit-il, puisqu’elle évoque la condition humaine dans tous ses états.39800_937342_large
Ghassan Zard travaille depuis un certain temps avec la galerie Tanit. En 2015, Ashkal Alwan lui commandite ce travail et le présente pour la première fois dans le cadre de Home Works 7.
Mais son véritable itinéraire, « Turtles » le commencera sur le toit de PS Lab, intervenant dans un milieu urbain et formant une sorte d’évasion citadine. Le voyage continuera pendant la saison estivale dans les localités libanaises grâce au parrainage de l’Institut culturel français. Évolutive, l’œuvre est accueillie tout au long de l’été 2016 par trois Instituts français en des lieux spécialement choisis. De Deir el-Qamar à Saïda, en passant par Byblos, l’installation offre, dans chaque lieu, une forme renouvelée pour toujours se jouer du regard des autres. Tantôt comme un troupeau, tantôt comme une armée, les tortues itinérantes prennent toute leur ampleur poétique. Et après le 24 août, où iront-elles ? « Elles poursuivront leur voyage et s’installeront au musée
Maqam », dit Ghassan Zard. Qui sait, ensuite, où elles iront rouler leurs bosses ?