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La Rochelle : une tortue de 48 kg soignée à l’aquarium

La Rochelle : une tortue de 48 kg soignée à l’aquarium
Publié le par Pierre-Emmanuel Cherpentier

Le Centre d’études et de soins a l’habitude de secourir des tortues plus jeunes d’une dizaine de kilos. Celle-ci est hors-norme.

Le Centre d’études et de soins pour les tortues marines (CESTM), basé à l’aquarium, a une nouvelle pensionnaire. Et dans la population des éclopés que les experts récupèrent tout au long de l’année, celle-ci est hors-norme. Échouée le 6 décembre sur la plage d’Herdelot près de Boulogne (Pas-de-Calais), elle pèse 48 kg !

« En général, les tortues blessées que nous récupérons pèsent entre dix à quinze kilos et ont une dizaine d’années. Ce sont des animaux juvéniles (NDLR, leur espérance de vie peut monter jusqu’à 100 ans, et les tortues sont sexuellement matures vers 25 ans). Celle que nous venons de récupérer a une quinzaine d’années. Pour son âge, son poids est normal, c’est juste qu’il est très rare d’en accueillir de cet âge », explique Eléonore Meheust, experte au CESTM.

Soins : bétadine et résine

Mais qu’est-il arrivé à cette tortue caouanne ? « Ses plaies au bec, au cou et sur la carapace, font penser à une collision avec la coque d’un bateau ou un objet flottant. Ensuite, affaiblie, elle a dérivé et s’est échouée. Elle a été retrouvée sur le sable, léthargique et en hypothermie ».

L’autre fait rare est son lieu d’échouage. « Environ 70 % des tortues qui s’échouent en France sont trouvées au sud de la Gironde où les eaux sont tempérées. Dans la Manche, où l’eau est plus froide surtout en hiver, c’est très peu commun. Les tortues de cet âge se laissent porter par les courants. Celle-ci s’est écartée des itinéraires plus communs », poursuit l’experte.

Désormais prise en charge, l’échouée du Pas-de-Calais (c’est une femelle) va être bichonnée jusqu’à cet été. « En ce moment, nous soignons ses plaies avec de la bétadine puis de la résine, celle que l’on utilise pour les sabots des chevaux. La journée, elle est placée dans un grand bassin d’eau chauffée à 20–22°. Mais la nuit, nous la sortons de l’élément liquide car l’eau de mer n’aide pas à la cicatrisation ».

Balise télémétrique

Toujours traumatisée, 29/52 (son nom de code en attendant qu’un vrai patronyme lui soit donné au moment de sa remise en mer) se nourrit encore avec difficulté. « Nous lui avons accroché des morceaux de seiches au fond du bassin, mais elle n’y va pas encore spontanément. On la nourrit donc à la main : de seiches, sardines, langoustines ou crabes. Mais d’ici quelque temps, elle devrait pouvoir s’alimenter toute seule ».

Cet été donc, la tortue caouanne sera relâchée depuis les côtes de la Charente-Maritime. « Nous l’équiperons d’une balise télémétrique afin de pouvoir suivre ses déplacements et continuer à étudier sa vie », conclut Eléonore Meheust.